Arik Levy, RockStoneShift 235

Arik Levy
RockStoneShift 235
Acier inoxydable poli miroir qualité marine
120 x 115 x 235 cm
Courtesy de l’artiste

Avec RockStoneShift, Arik Levy explore la tension entre la perception et la réalité. La forme fragmentée de la sculpture interpelle l’esprit du spectateur, déclenchant un désir inconscient de compléter et d’unir ses deux parties distinctes. Ce décalage perceptuel crée une illusion de mouvement cinétique, malgré l’immobilité physique de la sculpture.
Cette œuvre explore la relation complexe entre l’espace, le spectateur et la réflexion. Ses facettes angulaires déforment et reconstruisent l’environnement, générant une réalité optique qui défie les limites de la vision humaine. Les deux sections décalées et tournées interagissent de manière dynamique, produisant des reflets fragmentés qui ne peuvent être vus ou composés à l’œil nu. La réalité est présente, mais insaisissable, familière, mais nouvellement assemblée. La série de sculptures RockStone a commencé comme un monolithe, entre l’héritage de Stonehenge et l’architecture contemporaine. Les œuvres de l’artiste sont également à découvrir dans son parc de sculptures à Saint Paul de Vence.

Introduction

« ÊTRE ÉTONNÉ, C’EST UN BONHEUR ; ET RÊVER, N’EST-CE PAS UN BONHEUR AUSSI ? » EDGAR ALLAN POE

Les nouvelles oeuvres du parc font rimer l’Art avec la Nature, l’Interactivité et l’Enchantement, afin de faire vivre la poésie et la magie du lieu à travers le regard des artistes. Le public est invité à interagir avec les oeuvres, s’assoir, écouter, observer, jouer, et à prendre part à cette programmation ludique et autour de l’éveil des sens.

Le parcours est riche de plus de 25 sculptures d’artistes contemporains, majeurs sur la scène internationale, comme plus émergents, de toutes nationalités parmi lesquels Barthélémy Toguo, Jeremy Deller, Christian Boltanki, Joana Vasconcelos, Ugo Rondinone, Johan Creten Carlos Cruz Diez, Marta Pan et Sarah Lucas.

La promenade artistique offre aux visiteurs une expérience unique et interactive avec les oeuvres, dans cette « forêt enchantée ». Les promeneurs peuvent prendre place sur un banc Spaghetti (Double Talk, Pablo Reinoso), pénétrer dans un cabinet de curiosités niché dans les sous-bois (The Dark Museum, Mark Dion), ou dans une théière d’envergure digne d’un conte de fée (Pavillon de thé, Joana Vasconselos).

Les oeuvres viennent orner différents espaces de ce parc historique : du bassin de Chalais (L’invisible, Julien Berthier ; Lentilles flottantes, Marta Pan) à la Grande Perspective datant du XVIIème siècle (Alphabet Sociopolitique, Jacques Villeglé; Chromosaturation pour une allée publique, Carlos Cruz Diez).

Elles forment également un bestiaire fantastique propice au rêve : un caméléon-toboggan gigantesque (Ask the Animals and They Will Teach You, Jeremy Deller), un aigle aux ailes déployées (Pliny’s Sorrow, Johan Creten), ou encore des pigeons voyageurs inquiétants (Die Taubenpost, Adel Abdessemed).

ARTISTES PRÉSENTÉS

Adel Abdessemed • Julien Berthier • Christian Boltanski • Lee Bul • Tony Cragg • Johan Creten • Carlos Cruz Diez • Jeremy Deller • Mark Dion • Jean-François Fourtou • Subdoh Gupta • Wang Keping • Laurent Le Deunff • Sarah Lucas • Henrique Oliveira • Marta Pan • Simon Periton • Pablo Reinoso • Ugo Rondinone • Barthélémy Toguo • Joana Vasconselos • Jacques Villeglé

Christian Boltanski, Animitas

Lee Bul, Willing to be vulnerable

Lee BUL
Née en 1964 à Séoul, Corée du Sud, où elle vit et travaille.

WILLING TO BE VULNERABLE –METALIZED BALLOON, 2022
Tissu de taffetas en nylon, polyester avec feuille d’aluminium,
ventilateur, câblage électronique
20 × 3,5 m
Commission in situ pour le Hangar Y — Collection Frédéric Jousset

Lee Bul est une figure majeure de la scène artistique coréenne. À travers une oeuvre protéiforme à l’imagerie baroque et futuriste, elle s’intéresse à la manière dont l’art, l’architecture et la technologie modernes ont façonné nos mondes réels et imaginaires. Lee Bul s’inspire du cinéma, de la littérature et de l’histoire de l’Europe et de la Corée du Sud, pour créer des formes hybrides qui véhiculent une vision dystopique fantastique et souvent déconcertante. En 1999, elle représente la Corée du Sud à la Biennale de Venise.

Un immense dirigeable brillant est exposé dans la grande nef du Hangar Y. Cette installation futuriste rappelle par sa forme le dirigeable Hindenburg, fer de lance de l’industrie allemande des années 1930, tristement célèbre pour son explosion spectaculaire survenue le 6 mai 1937. Ce qui fut un jour un symbole populaire de l’ère moderne est soudainement devenu obsolète et historique. Dans ce contexte, l’oeuvre, qui semble s’être arrêtée en plein vol, est un clin d’oeil direct à l’histoire du Hangar Y, où s’est tenu le premier vol de dirigeable en circuit fermé en 1884. Willing To Be Vulnerable recrée des symboles et des fragments de modernité à une échelle monumentale, en utilisant des matériaux légers et aériens tels que des films transparents et des toiles de tente, leur conférant alors une qualité insaisissable. Sa fine peau en aluminium, qui reflète l’espace, lui donne une apparence vulnérable et fragile. L’installation crée un espace immersif rempli du souvenir viscéral et palpable d’une modernité en déclin ou fanée, qui résonne dans cet immense lieu.

Johan Creten, Pliny’s Sorrow

Johan Creten
Pliny’s Sorrow, 2011
Résine, finition simulation bronze
450 x 450 x 190 cm
Courtesy Creten Studio et Gerrit Schreurs

 Pliny’s Sorrow (le Chagrin de Pline) est un oiseau ressemblant à un aigle, aux énormes ailes déployées et brisées, et au dos creusé et sculpté grossièrement. Ce monolithe totémique, à la fois héroïque et mélancolique, illustre indirectement un passage de Pline le Jeune : « Si les portraits des défunts placés dans nos maisons soulagent notre chagrin, que peut-on dire de leurs représentations publiques : elles commémorent non seulement leurs airs et leurs traits, mais également leur gloire et leur honneur ! » *
Les sculptures de Johan Creten ne sont ni des monuments, ni des anti-monuments : le pouvoir commémoratif, réconfortant et triomphal de l’art « public », sa capacité à nous faire oublier le chagrin, à nous rappeler ce qui est perdu et à célébrer tout ce qui est glorieux et grandiose, se trouve avec elles à la fois déstabilisé et enrichi. L’aigle, figure récurrente dans l’œuvre de Johan Creten, résonne d’une dimension symbolique et politique.   

 *Pline le Jeune, traduction anglaise par William Melmoth, révisée par W.M.L. Hutchinson, (1947-1952). W. Heinemann  
 Texte de Christopher Mooney 

 Né en 1963 à Saint-Trond, Belgique. Vit à Paris, France. Précurseur du renouveau de la céramique dans l’art contemporain, Johan Creten travaille de façon itinérante depuis près de quarante ans, du Mexique à Rome, de Miami à La Haye. Célèbre pour ses sculptures allégoriques en céramique et en bronze, Johan Creten poursuit depuis les années 1990 ses représentations d’un monde plein de poésie, de lyrisme et de mystères. 

Carlos Cruz Diez, Chromosaturation pour une allée publique

Carlos Cruz Diez
Chromosaturation pour une allée publique, Paris, 1965-2012
Acier, polycarbonate
730 x 48 x 240 cm (chaque module)
Courtesy de l’artiste et GALLERIA CONTINUA (San Gimignano, Beijing, Les Moulins, La Havane, Rome, Sao Paulo, Paris, Dubaï)  


Conçue à Paris en 1965, la Chromosaturation est un environnement artificiel composé de trois chambres colorées, une bleue, une rouge, une verte qui immergent le visiteur dans une situation de monochromie absolue.  

La perturbation que provoque cette expérience dans la rétine du spectateur, habitué à percevoir simultanément une ample gamme de couleurs, agit comme détonateur et réveille dans la conscience de ce dernier la notion suivante : la couleur est une situation matérielle et physique, qui a lieu dans l’espace et dans le temps sans l’aide de la forme ni d’aucun support, indépendamment de toute convention culturelle.    

Présentée en 2012 lors du programme de la FIAC Hors les Murs, au cœur du Jardin des Tuileries, cette œuvre a la particularité d’être composée de deux structures disposées l’un en face de l’autre. Un dialogue tel qu’on le retrouve dans Chromosaturation et promenade chromatique pour un lieu public (Paris, 1969) présentée Place de l’Odéon, Boulevard Saint-Germain à Paris.  

Cruz-Diez propose ici un parcours en enfilade d’atmosphères colorées ; le spectateur voit ainsi la transfiguration de son environnement immédiat ; une situation simple qui éveille la perception et la sensibilité de celui qui accède. 

Né en 1923 à Caracas, Venezuela. Décédé en 2019 à Paris, France. Carlos Cruz Diez est une figure majeure de l’art contemporain, souvent attaché aux mouvements de l’art optique et cinétique. Ses recherches font de lui l’un des penseurs de la couleur du XXe siècle. Le discours plastique de Carlos Cruz-Diez s’appuie sur le phénomène chromatique conçu comme une réalité autonome qui évolue dans l’espace et le temps, sans aide de la forme ni du support, en un présent continu.  

Jeremy Deller, Ask the animals and they will teach you

Jeremy Deller
Ask the animals and they will teach you
, 2021
Polyester, 300 x 800 x 150 cm
Courtesy de l’artiste ; Art Concept (Paris) ; The Moderne Institute/Toby Webster Ltd. (Glasgow)
Collection privée Frédéric Jousset

À la fois sculpture et toboggan pour enfants, Ask the Animals and They Will Teach You, propose une alternative à la tradition des monuments publics qui célèbrent des événements historiques ou des personnes élevées au rang de « héros ». Ici, Jeremy Deller rend hommage à l’une des plus anciennes créatures du monde, le caméléon, qui vivrait sur Terre depuis soixante millions d’années, si l’on en croit l’inscription située à la base de la sculpture. Aujourd’hui menacé d’extinction, le caméléon est utilisé ici pour contester l’idée selon laquelle l’art dans les espaces publics n’a d’autre vocation que de remplir une fonction décorative ou commémorative. En invitant les enfants à glisser sur la langue du reptile, le monument devient ludique et les invite à s’approprier l’espace par le jeu.

Mark Dion, The Dark Museum

Mark Dion
The Dark Museum, 2011
Cabane en bois, tapis, fer et vitrine Komodo
300 x 440 x 420 cm
Pièce unique
Courtesy de l’artiste et galerie In Situ – fabienne leclerc, Grand Paris

The Dark Museum ressemble à un cabinet de curiosités, une cabane de chasseur comme celles que l’on pourrait trouver dans les forêts de contes pour enfants. À l‘intérieur, Mark Dion a choisi de rassembler des objets que tout oppose : le squelette d’un dragon de Komodo, de la vaisselle, des bijoux, des cartes à jouer, des pièces de monnaie, des bustes d’animaux. La figure du dragon de Komodo est utilisée par l’artiste pour signifier la fragilité du vivant, sacralisé par la vitrine qui le recouvre. Les objets sur lesquels le squelette repose témoignent du caractère éphémère de l’existence humaine. Les trophées de chasse ajoutent à l’inconfort et à l’étrangeté de la composition. À travers cette œuvre, Mark Dion bouleverse l’esthétique traditionnelle du musée, à laquelle il préfère le sombre et le prosaïque. Il propose une lecture critique de la relation qu’entretien l’humain avec le vivant.  

Né en 1961 à New Bedford, États-Unis. Vit et travaille à New York, États-Unis. Connu pour ses installations complexes inspirées des cabinets de curiosités, comme des laboratoires scientifiques, Mark Dion s’intéresse particulièrement au rapport que l’humain entretient avec la Nature, Son travail explore la construction du savoir et des discours scientifiques ayant cours depuis l’Antiquité. Ses projets se parent souvent des atours de l’expédition naturaliste ou archéologique, impliquant parfois la figure de l’artiste dont la tenue et les gestes imitent l’explorateur, le biochimiste, le détective ou l’archéologue. 

Jean-François FOURTOU, Abeille

Jean-François FOURTOU
Abeille, 2020-2023
Résine, aluminium, fourrure
80 x 56 x 40 cm Galerie RX (Paris) 

La pratique artistique de Jean-François Fourtou se nourrit d’un bestiaire abondant : fourmis, abeilles, escargots, tortues et chiens comptent parmi les figures qu’il aime représenter. En modifiant l’échelle de ces animaux, Jean-François Fourtou peut les accrocher aux endroits qu’ils n’occupent pas d’habitude, permettant à la nature de reprendre ses droits.  Invitant le public à poser un nouveau regard sur cette faune, à la fois inquiétante et absurde, les abeilles surdimensionnées de l’artiste jouent avec notre perception de la réalité. Elles nous remettent dans la peau de l’enfant pour qui tout parait démesurément grand. À travers cette œuvre caractéristique de sa pratique, Jean-François Fourtou propose un monde fantaisiste de conte de fées, propice à la rêverie.

Né en 1964 à Paris, France. Vit et travaille à Marrakech, Maroc. Jean-François Fourtou est renommé pour ses singulières sculptures d’animaux, puis par ses architectures insolites et déroutantes comme La Maison de Géant ou La Maison à l’Envers. Depuis la fin des années 2010, les Nanitos, figures fantastiques et malicieuses à la frontière entre l’humain et le végétal, sont venus s’ajouter à son univers étrange, mi-magique mi-mémoriel sur le thème de l’enfance.

Subodh Gupta, Jalsa

Subodh Gupta
Jalsa
2023
ustensiles en aluminium, acier, cable, bois, bétons, appareils de cuisine
dimensions variables
Collection Frédéric Jousset
Courtesy of Galleria Continua

Se réunir à table et partager un repas symbolise en Inde un lien familial et d’intimité fort. La diversité des groupes religieux et culturels de ce pays s’accompagne d’une série de coutumes qui soulignent la distance entre les peuples. Pour dénoncer cette différence, l’artiste utilise la nourriture, outil pour parler d’inclusion et de tolérance. 

Jalsa est une grande maison composée de milliers de pots, de casseroles et d’ustensiles, mis au rebut par leurs anciens propriétaires. Chaque ustensile porte des marques et des histoires différentes. L’artiste a choisi ces ustensiles en aluminium pour leurs qualités esthétiques et pour les souvenirs qu’ils incarnent. Ces objets sont marqués par le passage du temps et portent en eux toutes les personnes qui les ont utilisées pour se nourrir, se réunir, vivre et célébrer. Dans cette œuvre, Subodh Gupta invite chacun à se souvenir de ses premiers repas, et à s’interroger sur l’universalité de cet acte.